Simples, bruyantes et lentes, les voitures sans permis vont devoir passer au contrôle technique, et leurs conducteurs se disent fatalistes face aux réparations qui pourraient leur être demandées.

Celle de Frédéric – qui n’a donné que son prénom – lui permet de se rendre au travail quotidiennement en région Centre-Val de Loire depuis la perte de son permis il y a deux ans. Lui qui avait l’habitude de rouler en BMW break se déplace désormais au quotidien en Aixam City, « une espèce de purée de pois cassés » selon lui.

Immatriculée en 2016, sa voiturette devra passer avant la fin 2024 son premier contrôle technique. Celui-ci devient obligatoire à partir du 15 avril pour toute la catégorie L, qui inclut motos, scooters et voitures sans permis.

Une directive européenne de 2014 impose un contrôle technique des deux-roues, trois-roues et quadricycles à moteur, au nom de la sécurité des conducteurs et de la protection de l’environnement.

Au garage La Reprog à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), on répare déjà ce type de véhicule. Le patron Amine, 44 ans, qui répare aussi la voiture sans permis de sa femme, assure que les quadricycles n’ont rien de la robustesse des voitures.

La plupart sont faites de plastique, de « fibre de verre et d’aluminium ; c’est équivalent à du beurre en termes de protection » selon le garagiste.

« Assainir le parc roulant »

Avec leur poids maximum de 425 kg, les voitures sans permis obligent les constructeurs à les équiper de matériaux plus légers et moins résistants.

Mais Alain Young, secrétaire général d’Equal, une association de constructeurs de quadricycles légers, rappelle que ces voiturettes ne « sont pas comparables » aux voitures classiques et qu’elles sont « d’abord et avant tout une alternative aux cyclomoteurs ».

« On n’a pas la prétention d’avoir le niveau de protection d’une voiture d’une tonne. (…) Mais il y aura une protection sur une voiture sans permis que vous n’aurez jamais sur un deux-roues », ajoute-t-il.

Marine Falcinelli, responsable des ventes chez un concessionnaire Ligier à Suresnes (Hauts-de-Seine), se dit ravie de l’instauration du contrôle technique, qui « va permettre d’assainir le parc roulant existant ».

« Dans le ‘sans permis’, on voit parfois des véhicules dangereux, des châssis dessoudés, des freins qui ne fonctionnent plus du tout », alerte-t-elle. « Le contrôle technique va permettre de vérifier que les organes de sécurité du véhicule sont corrects. »

Voitures sans permis : les escargots de la route passent au contrôle technique