Un chauffeur routier a été condamné à dix mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Melun (Seine-et-Marne), lundi 6 décembre 2021. Il a été reconnu coupable d’avoir projeté des grosses billes sur le pare-brise d’automobilistes dont la conduite n’était pas à son goût…

Fin octobre, les pare-brise de plusieurs poids lourds circulant de nuit entre Nancy et Paris sont la cible de projectiles inconnus. La taille impressionnante des impacts, laisse penser qu’il pourrait s’agir de tirs d’arme à feu. L’information circule sur le groupe Facebook « Les routiers de la Nationale 4 » et plusieurs conducteurs signalent à leur tour avoir subi depuis l’été des faits similaires sur cette route.

La rumeur d’un tireur ciblant les chauffeurs routiers se répand alors dans le milieu. Des transporteurs mettent en place des itinéraires de déviation pour que leurs camions contournent le tronçon à risque. La gendarmerie, elle, lance une enquête pour retrouver le « tireur ». Une centaine de gendarmes, dont une équipe d’une antenne du GIGN, ont été mobilisés.

Finalement, la géolocalisation et les relevés téléphoniques mènent les enquêteurs jusqu’à un homme de 54 ans, lui-même chauffeur routier travaillant sur la Nationale 4. Il est interpellé au petit matin à son domicile en Meurthe-et-Moselle. Mais son arsenal se révèle surprenant : les balles étaient en réalité des billes de grosse taille. « Quand le GIGN m’a arrêté, ils pensaient que j’avais des armes, ce n’est pas des billes qu’ils cherchaient », confirme devant le tribunal le prévenu

Le chauffeur licencié pour faute grave

« En colère » contre les incivilités sur la route, le routier lançait ces billes de verre sur des véhicules croisés de nuit sur la Nationale 4 et dont la conduite lui déplaisait (pleins phares, trajectoire en zigzag…). Il aurait fait au moins 12 victimes.

Après avoir commencé par punir les véhicules récalcitrants en leur jetant des restes de nourriture, le camionneur était passé à la vitesse supérieure au début de l’été en achetant un sac de billes au supermarché. Il envisageait ensuite d’acheter un pistolet de paintball, précise l’AFP.

Le tribunal a condamné le prévenu à 24 mois de prison dont 14 assortis de sursis probatoire, et ordonné que la peine ferme soit aménagée en assignation à domicile avec bracelet électronique. Il a également interdiction d’exercer pendant cinq ans en tant que chauffeur de poids lourd. Suite à cette affaire, il a été licencié pour faute grave.