Encore un fait divers qui illustre le traitement quasi esclavagiste que font subir certains patrons des pays de l’Est à leurs conducteurs… Nos confrères belges de Sudinfo.be relatent l’arrestation à Welkenraedt (Belgique) d’un chauffeur biélorusse au volant d’un camion immatriculé en Lituanie. De multiples infractions ont été constatées, non seulement au niveau de la sécurité du véhicule, mais aussi des conditions de travail du chauffeur.

Or l’entreprise lituanienne qui l’emploie a refusé de payer les amendes qui lui incombent et n’est pas en mesure d’apporter des garanties de paiement pour les réparations nécessaires. Résultat, le pauvre Bielorusse, qui n’était plus payé depuis deux mois, s’est retrouvé bloqué et sans argent. Le pire, c’est qu’il n’est pas seul dans ce cas : suite à d’autres contrôles cinq chauffeurs de cette même entreprise lituanienne ont ainsi été abandonnés, leurs camions ayant été immobilisés.

Le principal client de cette entreprise lituanienne est la multinationale autrichienne LKW Walter, qui travaille essentiellement en France, en Belgique et aux Pays-Bas, dénonce Roberto Parrillo, responsable de la CSC-Transcom pour le transport et président européen des organisations syndicales du secteur, qui souligne qu’il s’agit clairement de cas de dumping social.

Les chauffeurs interpellés sont des hommes d’un certain âge, qui n’ont pas été payés depuis deux mois et qui ne sont pas rentrés dans leur pays d’origine depuis neuf semaines, ce que la législation interdit. « Ils sont menacés, exploités par cette entreprise qui les paie 300 euros par mois et qui, vu l’état de ses camions, met en péril la sécurité de tous les usagers de la route », affirme Roberto Parrillo. Le président européen des organisations syndicales du secteur a fait remonter l’information auprès du Parlement européen. – MF

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