Reconnaissante du travail de ses sous-traitants, Lidl France accorde un bon d’achat de 200 € à 1 200 conducteurs routiers. Les syndicats du transport routier de marchandises insistent pour le versement de primes défiscalisées. Face au refus de la direction d’accorder cette prime, certains sites FedEx ont connu des débrayages début mai.

Ce n’est pas une médaille, mais un renfort pour le porte-monnaie. À l’heure du déconfinement, Lidl France a souhaité remercier les conducteurs routiers de leur investissement. La direction logistique de l’enseigne a pris la décision d’offrir des bons d’achat de 200 € à l’ensemble des chauffeurs de ses partenaires transport, soit plus de 1 200 personnes concernées. Parallèlement, les employés FedEx manifestent leur mécontentement face au refus de la direction de leur verser la prime de 1 000 € défiscalisée.

Les bons d’achat délivrés par Lidl, valables dans les enseignes du groupe, sont proportionnels au temps de présence pendant les semaines 12 à 19 pour les conducteurs dédiés, hors spot. “Le partenariat fort que nous avons pu nouer depuis plusieurs mois avec la majorité de nos transporteurs, et plus directement avec les chauffeurs, a permis à notre enseigne de traverser la crise en assurant au quotidien les livraisons de nos supermarchés. Cette décision (…) témoigne un peu plus de l’importance de ce corps de métier dans notre chaîne logistique et met en avant une belle collaboration avec Lidl”, relève Gauthier Moslard, responsable logistique centrale, transport et environnement. Lidl avait également versé une prime à ses propres salariés mobilisés, avec un échelonnement variable selon le degré d’exposition au public et le temps de travail (prime d’un montant de 300 à 600 € maximum, complétant une prime exceptionnelle déjà versée en février).   

Gratitude

Tout comme le personnel soignant, les salariés du transport routier et de la logistique mobilisés pendant le confinement demandent à leur tour de bénéficier de primes à la hauteur de leur engagement. Le 7 mai dernier, l’UFR-CFDT, premier syndicat du transport routier, avait appelé les salariés du secteur à débrayer et porter des brassards noirs, tout en demandant à l’État de démontrer sa “gratitude à tous (les) salariés de la deuxième ligne qui sont au front”. La CFTC avait pour sa part demandé au secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, de veiller au versement d’une prime généralisée de 1 000 € pour les salariés des transports.

Débrayages chez FedEx

Début mai, certains sites FedEx ont connu des débrayages face au refus de la direction de ne pas accorder “une prime Macron” de 1 000 € défiscalisée. Dans un communiqué, la CFDT FedEx souligne que l’ensemble du “secteur du transport et de la logistique a déjà essuyé un lourd tribut avec pas moins de 5 500 cas de Covid-19 déclarés, dont 35 décès”, et un dans le groupe FedEx sur la plateforme logistique de Roissy. Interrogée par France 3, la direction de FedEx s’est déclarée “pas en mesure d’offrir une prime à (ses) employés” car elle continue d’opérer dans un environnement “très incertain, avec des coûts de service accrus et des volumes qui ont fortement baissé au cours des dernières semaines, en particulier sur les marchés qui ont été fortement touchés par le Covid-19, comme la France”.

ACTU-TRANSPORT-LOGISTIQUE.FR I ROUTIER I 19.05.2020