La start-up Embark vient de réaliser la première traversée des États-Unis, de la Californie à la Floride, avec un camion autonome de niveau 2. D’ici quelques années, elle espère bien se passer de conducteurs sur de larges portions d’autoroutes.

Première traversée “coast-to-coast” pour Embark. La start-up américaine, qui développe des solutions de conduite autonome pour poids lourds, a repoussé ses limites. L’an passé, un camion Embark a réalisé un périple de plus de 1 000 km en semi-autonomie sur l’Interstate 10, entre Los Angeles et El Paso, au Texas. Cette fois-ci, la société a effectué la première traversée d’une côte à l’autre, en parcourant la totalité de l’Interstate 10 de Los Angeles à Jacksonville (Floride), soit 3 860 km.

Se passer de chauffeur

Le trajet, réalisé entre fin janvier et début février, a duré 5 jours. Précisons qu’Embark ne propose pour le moment qu’une technologie de conduite autonome de niveau 2 : le camion maîtrise seul sa vitesse et sa direction, mais un conducteur doit rester dans la cabine pour reprendre le volant en cas d’imprévu.

Pendant la traversée de l’Interstate-10, les chauffeurs n’ont pas pratiquement pas eu besoin d’intervenir, sauf quelques instants, et ceux-ci vont être particulièrement étudiés. Les données enregistrées vont contribuer à l’expertise du système de conduite. Embark souhaite en effet atteindre une autonomie de niveau 4 d’ici quelques années, ce qui permettra de se passer de conducteur sur de grandes portions d’autoroutes.

Passer de 5 à 2 jours de trajet

Dès lors, il ne faudra plus que 2 jours pour rallier Los Angeles à la Floride, car le camion ne sera plus astreint aux pauses réglementaires. “De toute évidence, cela changera de manière radicale toute la dynamique du fret”, avance Alex Rodrigues, le patron d’Embark. Ce dernier compte répondre à la pénurie de chauffeurs en proposant son système de conduite autonome sur des liaisons autoroutières de hub à hub, avec une reprise en main des véhicules par des conducteurs pour les dessertes locales.

Augmenter sa présence auprès des constructeurs

Le système développé par Embark repose sur une combinaison de caméras, de radars et de lidars. Les données collectées nourrissent également un système d’intelligence artificielle, qui permet de s’affranchir des étapes de pré-mapping pour de nouveaux itinéraires.

La technologie Embark est également testée depuis un an sur des convois entre Los Angeles et El Paso, au Texas, opérés par la société de location Ryder pour le compte d’Electrolux. La flotte d’Embark, réduite actuellement à 5 camions Peterbilt, devrait passer à 40 d’ici la fin de l’année. À terme, la start-up compte diffuser sa technologie en première monte auprès d’un grand nombre de constructeurs.

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