France/Monde | “Le salaire de la peur”: grève illimitée des routiers du carburant

Une majorité des conducteurs de matières dangereuses (carburant, gaz, produits chimiques…) étaient en grève ce vendredi en Ile-de-France et dans plusieurs dépôts de l’Ouest, selon la CGT qui a appelé à un mouvement illimité pour améliorer les conditions de travail de la profession.

Si cette grève, déclenchée en plein week-end de l’Ascension, persiste, elle pourrait entraîner des difficultés d’approvisionnement car les stations essence ont une autonomie de trois jours, selon la CGT. «Demain, on remet le couvert», a déjà prévenu le porte-parole de la fédération CGT.

Mais l’Ufip (Union française des industries pétrolières) se montrait «rassurante», assurant avoir anticipé le mouvement social.

En Ile-de-France, la mobilisation des salariés ne s’accompagnait d’aucun blocage ou barrage en début de matinée, d’après la CGT. Au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), une vingtaine de militants CGT ont tenté de bloquer vers 5H30 l’accès mais ils ont été repoussés par les forces de l’ordre.

8 dépôts sur 9

La fédération CGT-Transports faisait état d’une moyenne de «70% de grévistes en région parisienne» avec des grévistes dans huit dépôts de carburants sur neuf. «Seul le dépôt de Grigny fonctionne normalement», selon Fabrice Michaud, secrétaire fédéral.

En province, plusieurs sites étaient perturbés, dans l’Ouest de la France.

Hausse des salaires, 13e mois…

La CGT exige une meilleure prise en compte, au sein de la convention collective du transport routier, des «spécificités» propres aux matières dangereuses. Parmi ses revendications: une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de 14 euros de l’heure et un treizième mois.

Un conducteur «transportant 38.000 litres de carburant ou 24 tonnes d’acide est payé 9,73 euros de l’heure», alors qu’il doit obligatoirement «être titulaire de certificats spécifiques obtenus après des examens devant être renouvelés tous les 5 ans», rappelait récemment la CGT dans un tract.