Étape importante dans la mise en place de la taxe kilométrique pour les poids lourds: le contrat a été signé avec Sky-Ways, chargé de la perception.

Après avoir désigné Sky-Ways pour percevoir la future taxe kilométrique pour les poids lourds, c’était l’heure de la signature du contrat, hier, entre les trois Régions et le consortium. Le point.

1. Qui est concerné? Jusqu’à présent, les poids lourds de plus de 12 tonnes doivent s’acquitter de l’Eurovignette pour rouler sur les autoroutes et les routes principales belges. Dès janvier 2016, ce système forfaitaire cédera la place à la nouvelle taxe kilométrique (système Viapass), qui s’appliquera à tous les véhicules belges et étrangers. Mais cette fois, on élargit la cible: tous les plus de 3,5 tonnes sont concernés, dès le moment où ils empruntent le réseau routier principal. Le principe: plus on roule, plus on paie.

2.L’OBU dans l’habitacle. Pour connaître exactement le nombre de kilomètres parcourus et les routes empruntées (histoire de vérifier si ces kilomètres-là sont bien soumis à la taxe et à quelle Région les recettes doivent être attribuées), les percepteurs de la future taxe kilométrique vont s’aider des signaux GPS et de la technologie GSM, installée dans un appareil qui enregistre les données à bord du camion. On l’appelle OBU, comme «On-Board-Unit.»

3. Un contrat de 12 ans. Dans ce dossier, la Wallonie, la Flandre et Bruxelles sont représentées par une cellule interrégionale «Viapass». En mars dernier, le Parlement wallon votait en effet le décret officialisant le cadre juridique (longuement) négocié entre les trois Régions. Le contrat signé hier avec Sky-Ways court sur 12 ans. Le consortium va gérer toute l’infrastructure technique, à savoir les portiques, les caméras, la coordination du contrôle, le calcul des données et la facturation.

4. Les recettes. Le système va coûter 115 millions€ (hors TVA) par an. Et la Région wallonne y contribuera à hauteur de 40%. Et quels seront les retours sonnants et trébuchants pour les Wallons? On a vu passer des montants qui tournent autour de 300 millions. Mais dès le moment où les tarifs et les modalités doivent encore être définis, c’est impossible à évaluer maintenant. Les recettes devraient en tout cas être réaffectées à l’entretien du réseau et à une meilleure mobilité.

5. Les «locaux» pénalisés? Les entreprises belges risquent-elles de souffrir du nouveau système? Le ministre-président wallon Paul Magnette a redit que les tarifs wallons intégreraient la donne, pour protéger les entreprises locales. En espérant que la taxe ne génère pas d’effets pervers: transfert partiel du trafic vers les routes secondaires, multiplication des camionnettes de moins de 3,5 tonnes, etc.