Accidentalité et prévention routière : ce que prépare le gouvernement

Si la mortalité sur les routes de France a baissé en 2013, le Conseil national de la sécurité routière prône l’abaissement de la vitesse autorisée à 80 km/h sur les départementales. Point sur les mesures encore à l’étude.

Il ne faut pas nier l’évidence : le décès fait partie des risques du métier de conducteur routier. Derrière la froideur des statistiques, il y a des vies perdues, des blessures avec séquelles parfois très graves et avant tout des comportements à risque qui auraient pu être évités.

Ce n’est pas un hasard si le nouveau délégué interministériel à la Sécurité routière, Jean-Robert Lopez, s’est rendu le 28 mai à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (92) pour présenter le bilan définitif de l’accidentalité routière 2013.

En 2013, 3 268 personnes ont perdu la vie sur les routes de France, soit une diminution de 10,5% par rapport à 2012. Le nombre de personnes blessées est en baisse de 6,9% : 70 607 personnes blessées dont 56 812 accidents corporels (-6%). La baisse de la mortalité routière a été plus marquée au premier semestre 2013 (-13,3 %) grâce au déploiement des premiers radars mobiles de nouvelle génération (113 déployés au 1er mai 2014) et par le prix du carburant qui favorisait l’éco-conduite.

Le taux de mortalité dans le TRM se stabilise

Où se situent les conducteurs routiers dans ce bilan définitif ?

Ils représentent 1% de l’ensemble des blessés hospitalisés soit 233 personnes. À titre comparatif, les véhicules de tourisme représentent 42% des blessés hospitalisés soit 10 744 personnes. 57 conducteurs routiers ont perdu la vie contre 56 en 2012. En tendance, la mortalité a baissé de 12% entre 2010 et 2013 et de 54% entre 2000 et 2013.

Le taux de mortalité dans le TRM se stabilise en moyenne autour de 2% depuis 2000. Parmi les grands invariants en 2013, il faut noter que 14,2% des personnes tuées le sont dans un accident impliquant un poids lourd.

“Les facteurs de l’accidentalité corporelle sont stables par rapport à 2012 : vitesse (26%), alcool (10%), conduite sous l’emprise de stupéfiants (3,6%)”, explique le colonel Gérard Escolano, chef du bureau de la sécurité routière à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN).

Des nuances s’imposent toutefois. Par exemple, si la conduite sous l’emprise de stupéfiants progresse en nombre d’infractions relevées, les opérations de dépistage organisées par la DGGN progressent tout autant (+14%). “Globalement, on dénombre une baisse des infractions liées à l’alcoolémie en 2013, poursuit-il. Les infractions liées au non-respect des règles de priorité de passage augmentent de 13 %.”

Le rôle des écrans distractifs difficile à isoler

Fait marquant, les infractions liées à l’usage d’écrans distractifs au volant (téléphone portable, lecteur DVD) ont tendance à diminuer par rapport à 2012. Elles sont passées de 250 en 2012 à 181 en 2013. “Seul bémol, elles concernent tous les usagers de la route car nous ne sommes pas en mesure d’isoler la part des conducteurs routiers”, prévient le colonel Escolano. Ce facteur émergent n’est pas visible dans le bilan 2013. La difficulté réside, la plupart du temps, dans la reconstitution des accidents.

“La distraction au volant est une donnée fugace qui disparaît avec l’accident, nous confiait en janvier 2014 Henri Prévost, adjoint au délégué à la sécurité routière. C’est un sujet de préoccupation pour les véhicules légers comme pour les PL.”

La prévention du risque routier passe-t-elle nécessairement par un durcissement de la politique en matière de réduction de la vitesse moyenne autorisée (VMA) ? (…)

http://www.wk-transport-logistique.fr
Par Louis Guarino
12/06/2014