Grève des routiers. Les négociations salariales interrompues

Grève des routiers. Les négociations salariales interrompues

Le feuilleton des négociations salariales dans le transport routier s’est offert ce soir un nouveau rebondissement. L”ultime” séance a été “interrompue” jusqu’à lundi prochain

Les partenaires sociaux étaient réunis depuis le début de la matinée à la Direction Générale du Travail, à Paris, pour conclure le cycle des négociations interrompu brutalement le 20 janvier sur un « constat d’échec ».

Sous la pression du gouvernement et des syndicats qui ont mené des actions de blocage, le patronat avait accepté de revenir une dernière fois à la table des négociations, mardi, dans l’espoir de parvenir à un accord acceptable pour tous. Mais après dix heures d’un dialogue infructueux, les deux camps ont décidé dans la soirée que les négociations devaient être « interrompues jusqu’à lundi 9 février à 13h », a annoncé Thierry Cordier, responsable de la CFDT Transports.

Les patrons doivent revoir leur copie

Les négociateurs patronaux « doivent revenir avec des mandats moins austères », a commenté Thierry Douine, le président de la CFTC Transports. Les « mandats » définissent les marges de négociations des représentants du patronat.

Toute la journée, le patronat s’est montré inflexible sur l’augmentation des grilles salariales, refusant d’accorder la hausse de 5 % pour tous réclamée par les syndicats.

Son offre n’a pas bougé depuis deux semaines. Il propose 1 % de plus pour les cadres et agents de maîtrise, et 2 % pour les grilles les plus basses de la convention collective, actuellement inférieures au Smic (ce qui ne dédouane pas l’employeur d’appliquer le salaire minimum).

Seule l’OTRE, qui représente les PME de la branche, a fait des propositions améliorées. Mais sans être rejointe par les autres fédérations (FNTR, TLF, Unostra).

Des propositions patronales jugées insuffisantes

« On a plus de chance de gagner au Loto que d’avoir des augmentations salariales », avait ironisé Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports, mardi, alors que les négociations se poursuivaient.

Au cours de celles-ci, les organisations patronales ont cependant manifesté « quelques petites intentions » de nature à améliorer les revenus des chauffeurs, selon Jérôme Vérité (CGT).

Elles ont ainsi proposé d’abaisser la durée de la carence maladie de 5 à 3 jours et d’augmenter le niveau de la Garantie annuelle de rémunérations (GAR), un complément de salaire conventionnel versé en fin d’année.

Le patronat offre également de contribuer davantage à la mutuelle complémentaire des salariés.

Ces propositions, sans être totalement rejetées par les syndicats, restent néanmoins « insuffisantes », selon la CFDT, majoritaire dans la profession.

Globalement « on est loin du compte », estime de son côté Patrice Clos.

Les routiers veulent une hausse de 100 € de leur pouvoir d’achat

Depuis le début des négociations annuelles obligatoires (NAO), les organisations syndicales exigent une augmentation de 100 euros de pouvoir d’achat pour les quelque 330 000 salariés du transport routier de marchandises (chiffres de l’organisme paritaire OPTL).

« Sur nos 100 euros de pouvoir d’achat, on n’est même pas à 50 % », regrette Thierry Douine.

Depuis plus de deux semaines, l’intersyndicale (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) a poursuivi sur le terrain le bras de fer engagé avec la partie patronale, en multipliant des blocages contre les grosses entreprises du transport routier, adhérentes aux fédérations professionnelles.

La CFDT Transports avait choisi de faire cavalier seul en se mobilisant sur la seule journée du 28 janvier.

France – 03 Février
http://www.ouest-france.fr/greve-des-routiers

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